CONFERENCE
MINISTERIELLE DES PAYS LES MOINS AVANCES
DECLARATION DE COTONOU
PREAMBULE
Nous,
Ministres des Pays les Moins Avancés ;
Réunis
à Cotonou, République du Bénin,
du 5 au 7 Août 2002 ;
Rappelant
la Déclaration du Millénaire et, plus
particulièrement, les Objectifs de Développement
du Millénaire visant à assurer l’élimination
de l’extrême pauvreté ;
Rappelant
la Déclaration de Bruxelles et le Programme
d’Action en faveur des Pays les Moins Avancés
(PMA) en tant que tableau de bord de développement
durable de nos pays pour la décennie 2001 –
2010 ;
Rappelant
également l’engagement pris par la Communauté
Internationale à la Conférence Ministérielle
de l’OMC à Doha en vue de faire face
à la marginalisation des PMA dans le commerce
international et de les aider à s’insérer
effectivement dans le système commercial multilatéral
;
1 - Réaffirmons que la lutte pour l’élimination
de la pauvreté et pour le
développement durable constituent des impératifs
dont la réalisation permettra à nos
Gouvernements d’améliorer le niveau de
vie des populations sur la base du renforcement durable
de nos capacités de production et de consommation
;
2
- Réaffirmons aussi notre engagement quant
à la mise en œuvre des résultats
de la 3ème Conférence des Nations Unies
sur les Pays les Moins Avancés pour la décennie
2001–2010 sanctionnée par l’adoption
d’un objectif global de réduction de
moitié de la pauvreté extrême
d’ici l’an 2015 ;
3
- Réitérons notre engagement total au
partenariat renforcé aux fins d’aboutir
à la mise en œuvre rapide des buts et
objectifs contenus dans ce Programme ;
4
- Reconnaissons que les PMA ont la responsabilité
primordiale d’assurer leur propre développement,
et que la Communauté Internationale et les
Institutions Multilatérales jouent un rôle
essentiel en fournissant les ressources et l’assistance
technique nécessaires pour aider les PMA à
accroître leurs capacités de production
aux fins d’asseoir les bases d’un développement
durable ;
5
- Lançons un appel aux Institutions du système
des Nations Unies, à d’autres Organisations
Multilatérales et aux autres parties prenantes,
y compris le secteur privé aux fins de la mobilisation
accrue des ressources requises dans la mise en œuvre
du Programme d’Action des Pays les Moins Avancés
(PMA) sur la base d’un maximum de coordination
et de synergie et d’un engagement total en tant
que domaines de priorité ;
6
- Exhortons les Conseils d’Administration des
institutions du système des Nations Unies et
d’autres Organisations Multilatérales
à inclure le Programme d’Action des Pays
les Moins Avancés (PMA) dans leurs Programmes
d’Activités et dans leur processus de
coopération intergouvernementale ;
7
- Félicitons ces institutions du système
des Nations Unies, en particulier l’UNICEF,
le PNUD, la CNUCED, l’UNESCO et l’OMPI
qui ont déjà pris la décision
d’inclure le PMA/PA III dans leurs programmes
d’activités, et exhortons les institutions
qui n’ont pas encore pris cette décision
à le faire le plus tôt possible ;
8
- Reconnaissons le rôle central du Conseil Economique
et Social dans les efforts d’évaluation
et de renforcement de la coordination des actions
du système des Nations Unies dans la mise en
œuvre du PMA/PA III. Dans ce cadre, toute l’attention
requise devra être accordée aux problèmes
des PMA dans le cadre du point intitulé : «
Mise en Œuvre Coordonnée et Intégrée
et suivi des principaux Sommets et Conférences
des Nations Unies» à l’ordre du
jour du Programme d’Activités du Conseil
Economique et Social ;
9-
Accueillons favorablement la création du Bureau
du Haut Représentant pour les Pays les Moins
Avancés, les Pays Enclavés en Développement
et les Petits Etats Insulaires en Développement,
et invitons le nouveau Bureau à s’engager
dans le plaidoyer, la rédaction des rapports
et dans une large coordination du système des
Nations Unies quant aux questions relatives aux PMA,
conformément au mandat qui lui a été
donné par l’Assemblée Générale
des Nations Unies ;
10
- Exprimons notre satisfaction au Secrétaire
Général pour la nomination du Haut Représentant
et soulignons la nécessité d’accélérer
la mise en place des moyens permettant le fonctionnement
correct du Bureau afin d’assurer la coordination
adéquate et la mobilisation des ressources
en vue de la mise en œuvre effective et adéquate
de notre Programme d’Action ;
11
- Reconnaissons et apprécions le rôle
important joué par la CNUCED dans la mise en
œuvre du Programme d’Action de Bruxelles
dans les domaines définis par son mandat, et
en étroite coopération avec le Bureau
du Haut Représentant ; et exhortons le Secrétaire
Général à accroître la
capacité opérationnelle des Institutions
du système des Nations Unies, en particulier
de la CNUCED, dans la conduite de leurs activités
spécifiquement destinées à soutenir
les PMA ;
12
- Recommandons, entre autres, l’élaboration
par le Bureau du Haut Représentant (BHR) d’une
liste des réalisations au niveau des pays,
au niveau des Institutions du système des Nations
Unies, d’autres organismes multilatéraux
et autres parties prenantes. Cette liste sera examinée
chaque année, lors des sessions de fond du
Conseil Economique et Social ;
13
- Soulignons la nécessité de la création
d’un Fonds d’affectation spéciale
en faveur des Pays les Moins Avancés à
gérer par le Bureau du Haut Représentant
aux fins d’apporter l’assistance requise
dans les actions de coordination des PMA dans le processus
de Mise en Œuvre du Programme d’Action
de Bruxelles et lançons par ailleurs un appel
au Secrétaire Général pour la
prise des mesures appropriées dans ce sens
lors de la 57ème Session Annuelle de l’Assemblée
Générale des Nations Unies ;
14
- Reconnaissons l’importance de la création
d’un Comité National dans chaque PMA
aux fins du suivi de la Mise en Œuvre du 3ème
Programme d’Action (PMA /PA III) ;
15
- Reconnaissons, d’autre part, l’importance
de la désignation d’un point focal de
suivi de la Mise en Œuvre du PMA/PA III par toutes
les Institutions du système des Nations Unies
et d’autres Organismes Multilatéraux
;
16
- Exhortons le système des Nations Unies à
la mise en œuvre effective des résultats
des Conférences Internationales sponsorisées
par les Nations Unies de manière à garantir
la réalisation des buts et objectifs du 3ème
Programme d’Action des Pays les Moins Avancés
(PMA/PA III) ;
17
- Soulignons l’importance de la mobilisation
des ressources financières aux fins d’établir
une base structurelle solide permettant le renforcement
du taux de croissance par tête d’habitant
dans les PMA. Et dans ce cadre, lançons un
appel afin que nos partenaires aux développement
déploient des efforts soutenus en vue de la
réalisation des engagements pris par eux même
pour la mise en œuvre du PMA/PA III, plus particulièrement
ceux relatifs à l’APD (Aide Publique
au Développement), à l’Aide et
à son efficacité ainsi qu’à
la dette extérieure, aux Investissements Directs
Etrangers, et d’autres sources de financements
privés extérieurs ;
18
- Lançons un appel aux partenaires au développement
et, entre autres, aux institutions financières
multilatérales, pour qu’ils financent
les programmes prioritaires visant à l’élimination
de la pauvreté dans les PMA, de plus en plus,
sous forme de subventions provenant d’autres
sources nouvelles, aux fins d’alléger
à l’avenir le fardeau de la dette ;
19
- Invitons les pays donateurs à éviter
la prise de mesures susceptibles de limiter l’accès
des PMA (PPTE) à des ressources supplémentaires
y compris aux prêts indispensables pour combler
le déficit en capitaux nécessaires au
financement des programmes prioritaires ;
20 - Soulignons également l’importance
de la mise en œuvre des résultats du ‘’Consensus
de Monterrey’’, dans la mesure où
ils prennent en compte les problèmes des PMA
;
21 - Soulignons d’autre part l’importance
des résultats de la 4ème Conférence
de l’OMC à Doha et lançons un
appel à la Communauté Internationale
pour la mise en oeuvre totale des dispositions pertinentes
de la Déclaration de Doha en faveur des PMA.
Dans ce contexte, reconnaissons l’important
rôle que joueront les Organisations Internationales
auxquelles référence a été
faite dans la Déclaration de Doha, en fournissant
de l’assistance technique et en renforçant
leurs capacités à prendre part aux cycles
de négociations en cours ;
22 - Accueillons favorablement les propositions du
Secrétaire Général des Nations
Unies qui indique que le Sommet Mondial sur le Développement
Durable devrait aboutir à des résultats
effectifs dans les cinq (05) principaux domaines que
sont : l’eau, l’énergie, la santé,
l’agriculture et la biodiversité. Et,
vu l’étendue sans cesse plus grande des
besoins spécifiques et des priorités
des PMA, soulignons la nécessité d’inclure
dans le plan de mise en œuvre du Sommet Mondial
pour le Développement Durable, les préoccupations
de ces pays liés au renforcement des capacités
de production, au commerce, aux investissements, à
la question de la dette, à l’éducation,
aux infrastructures physiques, à l’emploi
et à l’éco-tourisme. Ainsi, les
résultats du Sommet Mondial sur le Développement
Durable devraient mettre l’accent sur la nécessité
de la mise en œuvre du PMA/PA III ;
23
- Soulignons l’importance et l’urgence
pour la Communauté Internationale, d’accroître
substantiellement le niveau du soutien financier et
technique visant le renforcement des capacités
productives du secteur rural dans les PMA. Dans ce
contexte, nous demandons une collaboration plus étroite
entre la Convention des Nations Unies sur la lutte
contre la désertification, le Fonds d’Equipement
des Nations Unies et le Fonds Mondial pour l’Environnement
dans la mise en œuvre des activités identifiées
par les pays concernés, et invitons la Communauté
Internationale à accroître à cette
fin son soutien financier en faveur de l’UNCCD,
et de l’UNCDF ;
24
- Attirons l’attention sur le rôle vital
que jouent les produits de base et l’agriculture
dans nos économies comme source d’emploi
de devises et de revenus internes. A cet égard,
lançons un appel en vue d’une collaboration
plus accrue entre l’UNCCD, l’UNCDF, le
GEF et le CFC et invitons la Communauté Internationale
à leur accroître son appui financier
et technique à cette fin ;
25
- Demandons instamment aux partenaires au développement
des PMA de fournir des ressources financières
suffisantes aux institutions multilatérales
de développement et de renforcer les activités
ouvertes par la seconde tranche du fond commun des
produits de base ;
26
- Lançons un appel à nos partenaires
au développement pour qu’ils tiennent
leurs engagements à fournir aux PMA les ressources
financières et les technologies appropriées
relatives à l’environnement, sur une
base préférentielle ;
27
- Accueillons favorablement les initiative du G8 et
des Nations Unies visant à combler le fossé
qui a retardé les PMA dans le domaine de la
technologie, de l’information et les invitons
à combler ce fossé et à aider
les PMA à s’intégrer dans ce secteur
;
28
- Accueillons favorablement les mesures prises par
les Pays Développés et les Pays en Voie
de Développement ainsi que par les Institutions
Multilatérales en vue de promouvoir la coopération
Sud/Sud et invitons ces parties prenantes à
accroître substantiellement leurs ressources
et leurs efforts pour renforcer les capacités
de production et le développement dans les
PMA, y compris l’importance de partager avec
les PMA les meilleures expériences en matière
de développement durable ;
29
- Exprimons notre soutien ferme au Nouveau Partenariat
pour le Développement en Afrique (NEPAD) visant
à atteindre un développement durable
en Afrique et recommandons que ce programme prévoie
les voies et moyens d’apporter une assistance
aux Pays les Moins Avancés de la région
et dans ce cadre exhortons la Communauté Internationale
à étendre son assistance financière
et technique au programme ;
30
- Accueillons favorablement la décision de
l’Assemblée Générale des
Nations Unies contenue dans sa résolution A/56/180
de convoquer pour 2003 une Réunion Ministérielle
Internationale des Pays Enclavés et de Transit
en Développement et des Pays donateurs, des
Institutions Internationales Financières et
de Développement, sur la Coopération
en matière de Transport et de Transit et apportons
notre soutien total aux travaux préparatoires
de cette Réunion ;
31
- Apportons notre soutien à la mise en œuvre
effective du Programme d’Action pour le Développement
Durable des Petits Etats Insulaires en Développement
et, par conséquent à la Déclaration
et aux documents d’évaluation adoptés
par l’Assemblée Générale
à sa 22ème Session Spéciale ;
32
- Réitérons l’importance d’un
Mécanisme de Coordination plus renforcé
des points de vue des positions et actions des PMA
pour la mise en œuvre du Programme d’Action
de Bruxelles et réaffirmons, dans ce cadre,
que le Bureau de Coordination des PMA créé
à cette fin devrait au cours de son mandat
représenter les intérêts et préoccupations
des PMA dans le système des Nations Unies,
dans tous les forums de l’ONU, dans toutes les
arènes nationales et multinationales ;
33
– Invitons les partenaires au développement
à accorder une attention spéciale aux
PMA sortis d’une situation de conflits, de manière
à leur permettre de réhabiliter et de
reconstruire, selon les cas, les institutions politiques
et les infrastructures sociales et économiques
; et à les assister à réaliser
leurs priorités en matière de développement
;
34
- Lançons un appel à la Communauté
Internationale pour faire en sorte que les pays émergeant
du statut des PMA connaissent une transition douce
de manière à ce que leurs programmes
et projets de développement soient maintenus
dans une situation qui ne soit en deçà
de ce qu’elle était auparavant ;
35 - Exprimons notre sincère appréciation
et notre gratitude au peuple et au Gouvernement de
la République du Bénin pour leur hospitalité
chaleureuse et les excellentes dispositions prises
pour le succès de la Conférence Ministérielle
des PMA à Cotonou.