Discours
de son Excellence Monsieur Mathieu Kérékou,
Président de le République, Chef de l'Etat,
Chef du Gouvernement à l'ouverture de la Conférence
Ministérielle des Pays les Moins Avancés
(PMA).
-Messieurs
les Présidents des Institutions de la République,
- Monsieur le Haut Représentant du Secrétaire
Général des Nations Unies, chargé
des Pays les Moins Avancés, des Pays Enclavés
et des Petits Etats Insulaires en développement,
- Monsieur le Directeur Général de l’Organisation
Mondiale du Commerce (OMS),
- Mesdames et Messieurs les Ministres,
- Mesdames et Messieurs les membres du Corps diplomatique
et Consulaire,
- Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations
Internationales,
- Mesdames et Messieurs les Chefs et membres des délégations,
- Honorables Invités,
- Mesdames et Messieurs.
Depuis 1971, l’Organisation des Nations Unies a
décidé de dénommer “Pays les
Moins Avancés” (PMA), une catégorie
d’Etats qu’elle juge structurellement handicapés
dans leur développement, et méritant une
attention particulière, de la part de la communauté
internationale, dans le contexte actuel de leurs efforts
de développement.
C’est pour la première fois que notre Pays,
le Bénin est chargé d’organiser la
12ème Conférence ministérielle de
ces Pays dont les Représentants sont ici présents.
Au nom du Peuple béninois et de ses Institutions
républicaines, je souhaite la chaleureuse et cordiale
bienvenue chez nous, au Bénin, à nos Sœurs
et Frères venus des Pays les Moins Avancés,
Enclavés et des Petits Etats Insulaires en développement.
Pour tous les peuples des Pays les Moins Avancés
du monde, c’est une immense joie de vivre dans une
espérance certaine de l’avènement
des pauvres à la Royauté.
En effet, selon les Saintes Ecritures, les pauvres occupent
sur la terre condamnée, une place de privilégiés
pour accéder au Royaume des Cieux. Mais, rassurons-nous,
il est aussi dit que tout homme gagnera son pain à
la sueur de son front. Dès lors, la pauvreté
ne peut être considérée par nous comme
une humiliation, encore moins comme un titre honorifique
ou une fatalité.
Que nous soyons pauvres parmi les plus pauvre, que nous
soyons moins pauvres parmi les plus riches, soyons fiers,
dignes, unis et forts de notre appartenance à la
communauté des Nations Unies libres de notre planète.
C’est dire que le peuple béninois et son
gouvernement sont heureux et honorés de vous voir
aussi nombreux, et fermement déterminés
de s’attaquer au grand scandale que constitue l’extrême
pauvreté dans nos pays respectifs, en ce début
du 21ème siècle et du 3ème millénaire.
En tout cas, le constat est que, au regard des progrès
accélérés de la science, de la pratique
conséquente des technologies modernes et de l’accroissement
sans précédent de la prospérité
qu’ils ont générés, tant de
pays et tant de peuples, à travers le monde souffrent
cruellement encore de la faim, de la soif, de l’analphabétisme,
du paludisme, du sida et de nombreuses autres maladies
connexes et transmissibles.
Selon
le dernier rapport de la Conférence des Nations
Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED)
publié en juin 2002, le nombre de personnes extrêmement
pauvres augmentera de cent treize millions (113.000.000)
dans les PMA d’ici à 2015, si les tendances
actuelles se poursuivent.
C’est ainsi que le groupe des PMA qui était
de trente deux (32) en 1981, a passé à quarante
deux (42) en 1990 et a atteint quarante neuf (49) en 2001
dont trente quatre (34) en Afrique et d’autres pays
attendent avec impatience leur admission.
Cette rapide progression du nombre des pauvres aggrave
nos interrogations et nos angoisses sur la nature même
du nouvel ordre globalisé du monde et sur la détermination
affichée de la communauté internationale
des pays riches et des Institutions de développement
à éliminer la pauvreté et à
promouvoir un développement authentique et durable
dans tous les continents. Cependant, nous nous devons
aussi de reconnaître que les maux qui nous minent
et freinent notre développement en compromettant
dangereusement chaque jour notre situation socio-économique
de pauvreté que nos partenaires responsables en
partie, nous reprochent à juste titre ont pour
noms :
- l’instabilité politique ;
- l’absence de démocratie ;
- la corruption ;
- la mauvaise gouvernance ;
- la manque de patriotisme et de volonté réelle
de nous atteler résolument au travail pour sortir
nos pays de la pauvreté.
Dans ces conditions si nous continuons de nous enliser
dans la médiocrité et de croire naïvement
aux nombreuses conférences internationales, aux
résolutions pertinentes, aux promesses formulées
et aux programmes adoptés, sans leur mise en œuvre
avec esprit de suite, nos pays ne peuvent amorcer aucun
développement.
-
Mesdames et Messieurs les Ministres,
- Mesdames et Messieurs les Chefs de délégation,
- Mesdames et Messieurs le Délégués.
Face aux nombreux défis qu’il nous revient
de révéler, il s’agit pour nous, dès
à présent, de tirer leçon de nos
échecs successifs pour que le 3ème Programme
d’Action en faveur des PMA pour la décennie
2001-2010 adopté à Bruxelles le 20 mai 2001
par la 3ème Conférence des Nations Unies
sur les PMA, connaisse les résultats escomptés,
car la communauté Internationale est de plus en
plus consciente de notre état de pauvreté
avancé.
Ce nouveau comportement s’explique par le sommet
du Millénaire tenu à New York du 06 au 08
septembre 2001, les rencontres internationales ont toujours
accordé aux questions primordiales de la pauvreté
dans les PMA une attention particulière.
Il en est ainsi de la conférence Ministérielle
de l’Organisation Mondiale du Commerce tenue à
Doha, au Qatar, du 09 au 14 novembre 2001, de la Conférence
Internationale sur le Financement du Développement
de Monterrey, au Mexique du 18 au 22 mars 2002, de l’Assemblée
Générale extraordinaire des Nations Unies
consacrée aux enfants organisée à
New York du 08 au 10 mai 2002, du Sommet Mondial sur l’Alimentation
qui a eu lieu à Rome du 10 au 13 juin 20012, et
du Sommet du G8 réuni à Kananaskis au Canada
du 26 au 28 juin 2002.
Il s’agit là de changements significatifs
dans les mentalités et des transformations, qualitatives
que nous apprécions avec discernement.
En créant un Bureau des Nations Unies spécialement
chargé des PMA, le Secrétaire Général
des Nations Unies, Monsieur Koffi ANAN a traduit en acte
concret la volonté politique et réelle de
la communauté internationale de combattre effectivement
la pauvreté.
En nommant l’Ambassadeur Anwarul Karim CHOWHDURY
du Bangladesh , homme d’expériences et d’engagement
comme son Haut Représentant, il se donne les moyens
de réussir.
Monsieur le Haut Représentant du Secrétaire
Général des Nations Unies, je puis vous
donner l’assurance que notre pays, le Bénin,
soit ou non à la tête du Bureau de Coordination
des PMA, notre Gouvernement vous apportera constamment
aide et assistance dans l’accomplissement de votre
noble et exaltante mission internationale.
- Mesdames et Messieurs les Ministres,
- Mesdames et Messieurs les Participants à la Conférence,
Outre l’analyse critique et approfondi des dossiers
inscrits à votre ordre du jours, vous aurez au
cours de vos travaux à harmoniser vos différentes
préoccupations, établir les priorités
à mettre en œuvre pour un véritable
développement des PMA, faire partager nos points
de vue au reste du monde prochainement à Johannesburg,
en Afrique du Sud, au Sommet Mondial sur le Développement
Durable, et au cours de la 57ème Session de l’Assemblée
générale des Nations Unies.
Je voudrais donc vous inviter à faire, au cours
de vos travaux, un bilan critique et rigoureux de ce qui
a déjà été fait et de ce qu’il
nous reste à faire, nous les PMA, entre nous-mêmes,
nous les PMA avec les autres pays en développement,
nous les PMA avec le reste de la Communauté Internationale,
notamment avec les pays les plus riches et les plus industrialisées
du monde.
Il est grand temps pour nous de prendre pleinement conscience
de notre état de pauvreté qu n’est
nullement une fatalité.
Aussi la Conférence de Cotonou doit-elle être
une première démonstration de notre volonté
politique commune de sortir ensemble de notre catégorie
de PMA.
Grâce à la volonté de Dieu, nous le
pouvons si nous le voulons sincèrement !
C’est sur ces mots de foi et de conviction que je
déclare ouverte, ce jour, lundi 05 Août 2002,
la Conférence Ministérielle de Cotonou des
Pays les Moins Avancés.
Vive
la solidarité entre les Pays les Moins Avancés,
les Pays Enclavés et les Petit états Insulaires
en Développement !
Vive la coopération internationale !
Pleins succès à vos travaux !
Je vous remercie.
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