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L’évolution politique
Le Bénin, autrefois Dahomey, est le siège
de civilisations anciennes et brillantes qui furent bâties
autour des royaumes centrés sur des cités-Etats.
Son histoire correspond à celle des différents
ropyaumes : Allada, Abomey, Porto-Novo, Kétou,
Tchabê, Nikki, Kouandé, Djougou… fondés
pour le plus récent au siècle dernier. Ces
entités politiques bien structurées, notamment
celles côtières, avaient développé
un commerce local basé dès le XVIème
siècle sur la traite des esclaves puis sur le palmier
à huile après l’abolition du commerce
négrier en 1807.
Cette économie de traite a favorisé l’installation,
le long de la côte (surnommée « côte
des esclaves »), de comptoirs commerciaux contrôlés
par les Anglais, les Danois, les Portugais et quelques
Français. En 1752, la France est autorisée
à construire un port à Ouidah tandis qu’en
1704, les Portugais fondèrent Porto-Novo.
En 1863, le premier protectorat français fut établi
avec le roi Toffa de Porto-Novo. La même année,
Glélé, roi d’Abomey autorise les français
à s’établir à Cotonou.
En 1882, le souverain du royaume de Porto-Novo signe un
nouvel accord de protectorat avec la France qui envoie
un « résident français » chargé
d’assister le roi.
En 1884, le Dahomey est colonisé par la France.
Un décret établit la dénomination
des nouveaux territoires « colonies du Dahomey et
ses dépendances » avec l’octroi d’une
autonomie que ce territoire gardera jusqu’au 18
octobre 1904, où il est incorporé à
l’Afrique Occidentale Française.
Le 04 décembre 1958, la République est proclamée
et le 1er août 1960, le Dahomey devient indépendant
avec Porto-Novo comme capitale.
Commence alors une période de turbulence politique
fort mouvementée jusqu’à l’expérience
marxiste-léniniste instaurée le 30 novembre
1975 par le Président Mathieu KEREKOU, devenu chef
de l’Etat à la suite du coup d’Etat
du 26 octobre 1972.
Dans un contexte de crise politique, sociale et économique
aiguë, le Président Mathieu KEREKOU, après
17 ans de régime marxiste, accepte en décembre
1989 l’organisation d’une Conférence
d’autocritique qui sera convoquée du 19 au
28 février 1990 sous la présidence du regretté
Mgr Isidore de SOUZA, archevêque de Cotonou. Cette
« Conférence des forces vives de la nation
» met en place un gouvernement de transition dirigé
par le Premier Ministre Nicéphore SOGLO.
Au terme des élections présidentielles de
mars 1991, organisées sous le signe du multipartisme,
Nicéphore SOGLO est élu Président
de la République.
Le Bénin connaîtra ensuite l’alternance
démocratique au sommet de l’Etat à
la faveur de l’élections présidentielle
de 1996 qui consacrera le retour au pouvoir du Général
Mathieu KEREKOU, lequel sera réélu à
l’issue de l’élection présidentielle
de mars 2001.
Depuis le Bénin fait figure de référence
et de pays modèle en Afrique subsaharienne pour
avoir réussi une transition et une alternance démocratiques
à plus d’un titre exemplaires.
H.
Les institutions de la République
Elles
découlent de la Constitution du 11 décembre
1990 qui précise leurs
attributions et toutes les informations relatives à
leur fonctionnement.
- Le
Président de la République et le Pouvoir
Exécutif
Il
est élu au suffrage universel pour un mandat de
cinq (05) ans Renouve-
lable une seule fois. Il est le Chef de l’Etat,
le Chef du Gouvernement et le Commandant Suprême
des armées. Il incarne l’unité nationale
et est le garant de l’indépendance nationale,
de l’intégrité territoriale et du
respect de la Constitution, des Traités et Accords
internationaux. Le Président a l’initiative
des lois, concurremment avec les membres de l’Assemblée
Nationale.
Le
Parlement est constitué par une Assemblée
unique dite Assemblée
Nationale dont les membres portent le titre de Député.
Elle vote les lois et contrôle l’action du
Gouvernement. Les Députés sont élus
pour quatre (04) ans au suffrage universel direct et sont
rééligibles.
- La
Cour Constitutionnelle
C’est
une juridiction autonome qui juge de la constitutionnalité
de la loi. Elle
est garante des droits fondamentaux de la personne humaine
et des libertés publiques et peut être saisie
par tout citoyen à cet effet. La Cour Constitutionnelle
contrôle le fonctionnement des institutions et l’activité
des pouvoirs publics
La
Constitution du 11 décembre 1990 dispose en son
article 125 que « le
pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif
et du pouvoir exécutif ». Il est exercé
par la Cour Suprême, les cours et les tribunaux
créés conformément à la constitution.
La Cour suprême est la plus haute juridiction de
l’Etat en matière administrative, judiciaire
et pour les comptes de l’Etat. Elle est aussi compétente
en ce qui concerne le contentieux des élections
locales.
Elle comporte trois(03) chambres qui sont :
- La
chambre judiciaire qui connaît des matières
civiles et pénales ;
-
La chambre administrative qui connaît en premier
et dernier ressort du contentieux administratif et électoral
;
-
La chambre des comptes qui est juge des comptables publics
et contrôleur des comptes des collectivités
et des établissements publics.
-
La Haute Autorité de l’Audiovisuel
et de la Communication
La
HAAC a la mission de garantir et d’assurer la liberté
et la promotion de la
presse et de tous les moyens de communication de masse.
La HAAC est un organe semi-professionnel composé
de neuf (09) membres désignés à raison
de trois (03) par l’Assemblée Nationale,
trois (03) par l’Exécutif et trois (03) professionnels
de l’audiovisuel élus par leurs pairs. Son
Président est nommé par le Chef de l’Etat.
-
Le Conseil Economique et Social
C’est
un organe consultatif de l’Exécutif à
l’avis duquel les projets de lois à
caractère économique et social sont obligatoirement
soumis. Elle peut, de sa propre initiative, sous forme
de recommandation, attirer l’attention de l’Assemblée
Nationale et du gouvernement sur les réformes d’ordre
économique et social qui lui paraissent conformes
ou contraires à l’intérêt général.
La
Haute Cour de Justice est composée de la Cour Constitutionnelle,
à
l’exception de son Président, de six (06)
députés élus par l’Assemblée
Nationale et du président de la Cour Suprême.
Elle est compétente, aux termes de l’article
136 de la Constitution, pour «juger la Président
de la république et les membres du Gouvernement
à raison de faits qualifiés de haute trahison,
d’infractions commises ainsi que pour juger leurs
complices en cas de complot contre la sûreté
de l’Etat. » |