| LE
ROYAUME DU DANEMARK SOUTIENT
LES PAYS LES MOINS AVANCES
M.
Johnny FLENTOE , Chargé d’Affaires
de l’Ambassade Royale du Danemark.
« L’aide au développement du
Danemark est vraiment concentrée dans les PMA »
Q
: Monsieur le Chargé d’Affaires, votre pays,
le Royaume du Danemark, apporte une contribution financière
à l’organisation de la Conférence
Ministérielle des Pays les Moins Avancés
de Cotonou. Qu’est-ce qui motive ce soutien du Gouvernement
danois ?
R
: Le Royaume du Danemark a accepté de donner suite
à la demande du Bénin parce que cette conférence
pourrait contribuer à l’amélioration
de la coopération entre les Pays les Moins Avancés
et aussi avec les autres pays des différents groupes.
Par ailleurs, cette conférence offre l’occasion
aux PMA de réfléchir sur les termes des
négociations dans le cadre de la globalisation
qui est une réalité incontournable. De ce
point de vue, nous pensons qu’il est opportun que
le Bénin, en sa qualité de Président
du Bureau de coordination des PMA, organise la conférence
ministérielle pour faire le bilan des dernières
décisions de la conférence de Bruxelles
sur les PMA mais aussi pour préparer le sommet
sur le développement durable qui se tiendra à
Johannesburg. La conférence de Cotonou apparaît
comme une dernière opportunité pour les
PMA de se mettre d’accord sur les priorités
qu’ils vont soumettre au sommet sur le développement
durable. Le gouvernement danois pour ce qui le concerne
entend soutenir tous les efforts qui contribuent à
intégrer les Pays les Moins Avancés dans
l’économie mondiale.
Mais je tiens encore à préciser que la contribution
du Danemark n’est que financière ; nous intervenons
pour aider le Bénin qui a des contraintes budgétaires.
L’initiative de cette conférence, dont on
attend des résultats concrets, est du Bénin.
Nous verrons si les attentes seront comblées.
Q
: Le thème principal de la Conférence de
Cotonou est : « Le programme d’action des
PMA et la lutte contre la pauvreté »
Pourriez-vous présenter, Monsieur le Chargé
d’Affaires, les actions menées par le Gouvernement
danois pour contribuer à la lutte contre la pauvreté
dans les PMA ?
R
: La contribution du Danemark est diverse. Nous contribuons
actuellement de façon intense, en notre qualité
de président en exercice de l’Union européenne,
à faire avancer le débat sur la lutte contre
la pauvreté au niveau global. Les questions d’intérêt
sont : le développement du commerce, autrement
dit l’accès au marché, l’augmentation
du budget des pays riches pour l’aide au développement
et aussi une approche plus dynamique dans la prévention
des conflits, des guerres et autres formes de violences.
Dans le domaine commercial, la vision est claire ; il
s’agit d’ouvrir le marché de l’Union
européenne aux produits des PMA.
L’autre forme de contribution qu’apporte le
Royaume du Danemark réside dans l’aide directe
au développement. Le Danemark est le seul pays
au monde qui consacre le taux le plus élevé
de son Produit Intérieur Brut [1%], à l’aide
au développement. Et cette aide est vraiment concentrée
dans les PMA. Dans cette optique, nous distinguons un
groupe de quinze pays où se concentre la moitié
de toute notre aide dans une approche bilatérale.
L’autre moitié de l’aide danoise va
dans les différents organismes de la coopération
multilatérale.
Nous avons voulu donné l’exemple et nous
espérons que progressivement les pays riches en
arrivent tous au niveau de 0.7 % de leur PIB qui a été
fixé par les Nations – Unies comme taux minimum
du PIB à consacrer à l’aide au développement.
Vous pouvez noter que nous dépassons le taux fixé
par les Nations – Unies et notre aide est pratiquement
sans conditions absolues. L'on reconnait que les réalités
qui règnent dans nombre de pays en voie de développement
ne permettent pas de faire des parallèlles directs
par rapport aux pays industrialisés. Par conséquent,
nous ne pouvons pas fixer des conditions absolues au pays
en voie de développement. Il faut le plus souvent
un certain temps pour produire les résultats nécessaires
étant donné que les pays en voie de développement
ne disposent pas des ressources et capacités adéquates.
Toutefois, nous exigeons un effort, que l'on travaille
de facon déterminée et que le développement
évolue plutôt dans le sens de la Bonne Gouvernance
et de la démocratisation. Le mot "conditionnalité"
est devenu presque tabou chez nous au Danemark. Tout ce
qu’on attend des Pays les Moins Avancés,
c’est de faire un effort dans le sens de la Bonne
Gouvernance et de la démocratisation pour s’en
sortir. On peut souligner que les efforts du Bénin
vont dans ce sens ; c’est aussi pratiquement le
seul pays en Afrique qui n’a pas connu de conflit
violent et à cet effet, il peut partager son expérience
avec les autres PMA.
Q
: Monsieur le Chargé d’Affaires, pourriez-vous
nous dire ce qui, à votre avis, est envisageable
dans le cadre des échanges Nord – Sud, pour
lutter contre la pauvreté, plutôt que d’avoir
à la réduire, quand elle est en place ?
Le
Danemark fait des efforts en matière d’aide
au développement. Nous allons essayer d’appuyer
la tendance au niveau des pays riches. De façon
globale, il faut un transfert de ressources vers les pays
pauvres et une ouverture des marchés. Mais on ne
peut pas de façon réaliste s’attendre
au même effort de la part de tout le monde. D’autres
pays sont prêts à nous suivre, même
s’ils ne peuvent pas se mettre tout de suite à
notre niveau. On est toutefois d’accord sur une
certaine croissance de l’aide dans les années
à venir.
Dans le domaine du commerce, l’Union européenne
vient de prendre l’initiative commerciale «
Tout sauf les armes » ; ce qui veut dire que l’Europe
autorise, sans droits de douanes ni quotas, l’accès
au marché européen, de tous les produits
susceptibles d’être exportés par les
48 ou 49 PMA, à l’exception des armes et
des munitions. Mais il y a encore beaucoup à faire
sur le plan technique, afin de rendre effective ces négociations.
Par exemple, la notion de « sécurité
alimentaire » n’a pas le même contenu
dans les PMA qu’en Europe où il s’agit
plutôt de qualité et les PMA n’ont
pas toujours les moyens de faire les contrôle qui
s’imposent. Cela peut constituer un obstacle pour
les exportations ; c’est dire qu’il y a un
travail énorme à faire.
Nous pensons que la conférence ministérielle
de Cotonou est une opportunité qui se présente
aux ministres des PMA, pour définir des priorités
d’intervention. La conférence de Cotonou
est très attendue car de son succès dépend
aussi celui de la conférence de Johannesburg qui
doit apporter une véritable contribution aux Pays
les Moins Avancés. La réunion de Cotonou
sera donc très suivie. C’est un rendez –
vous important qui pourrait éviter que la conférence
de Johannesburg ne marginalise encore plus les PMA.
Notre Ministre était invité à cette
conférence très importante ; mais il ne
pourra répondre présent parce que son agenda
est déjà bouclé pour tout le dernier
semestre de l’année 2002. Vous savez que
le Danemark assure la présidence de l’Union
européenne et il a des contraintes en sa qualité
de président du Conseil des Affaires Générales
de l’Union européenne.
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