| "Il
n'y a ni honte ni fierté à
être pauvre"
Le Général Mathieu Kérékou,
Président de la République du Bénin,
pays hôte de la 12ème conférence ministérielle
des PMA, a ouvert ce lundi 05 août 2002 les travaux
de l’ultime rencontre des Pays les Moins Avancés
avant le Sommet décisif de Johannesburg sur le
développement durable. L’occasion était
choisie pour situer les responsabilités face à
l’hydre de la pauvreté.
Un
monde bipolaire où d’un côté
la faim, l’analphabétisme, le paludisme,
le VIH-sida, constituent le lot quotidien des populations,
tandis qu’à l’opposé, d’autres
hommes se vantent des progrès de la science et
des technologies nouvelles qui s’accompagnent d’un
accroissement sans précédent de la prospérité.
C’est le constat grave fait par le Président
de la République du Bénin à l’ouverture
de la 12ème Conférence ministérielle
des PMA à Cotonou, le lundi 5 août 2002.
Se référant au Rapport de la Conférence
des Nations Unies sur le Commerce et le Développement
(CNUCED) de juin 2002, le Président béninois
a tiré la sonnette d’alarme en avertissant
surtout les représentants des PMA sur les risques
d’augmentation du nombre de personnes extrêmement
pauvres qui pourrait passer à 113 millions d’ici
15 ans si la tendance actuelle d’appauvrissement
se maintient. Le Président Mathieu Kérékou
a rappelé que cette tendance à la hausse
du nombre des pauvres dans le monde a été
constante jusqu’à présent. Ainsi,
de 32 en 1981, les PMA sont passés à 42
en 1990, puis 49 en 2001 sans compter, a –t-il tenu
à souligner, le nombre impressionnant des pays
« qui frappent à la porte » de ce groupe
handicapés.
Responsabilité
Ce
sont là des raisons objectives, pour le Chef d’Etat
béninois, de s’interroger sur la nature du
nouvel ordre économique globalisé du Monde
et sur la détermination effective de la communauté
des pays riches et des institutions de développement
à éliminer la pauvreté et à
promouvoir le développement authentique et durable
dans tous les continents. S’il n’a pas tiré
comme conclusion que le mal est structurel, le Président
Kérékou n’a cependant pas manqué
d’affirmer qu’il n’y a pas de honte
à être pauvre même s’il devait
ajouter qu’il n’y a non plus aucun honneur
à figurer parmi les PMA. Et se livrant à
une autocritique, en sa qualité de Président
du Bureau de Coordination des PMA, le Président
Kérékou a situé la part de responsabilité
des pays pauvres eux-mêmes dans le malheur qui les
frappe. Il a souligné en substance la nécessité
de reconnaître que les maux qui minent et freinent
le développement dans les PMA sont : « l’instabilité
politique, l’absence de démocratie, la corruption,
la mauvaise gouvernance, le manque de patriotisme et de
volonté réelle de s’atteler résolument
au travail pour sortir de la pauvreté »
Pour
le Président béninois tant que perdureront
ses maux, il serait naïf de croire au miracle du
changement par la force des conférences internationales
quelles que soient les résolutions pertinentes
ou promesses formulées et les programmes adoptés.
Volonté
Comme
pour souligner la nécessité et l’opportunité
d’une prise de conscience au sein des PMA pour attaquer
la pauvreté, le Président béninois
rappelant les dernières réunions internationales
qui ont évoqué le cas des PMA entre autres
préoccupations, a observé une prise de conscience
de la communauté internationale, de l’état
d’extrême pauvreté que connaissent
les PMA et une volonté de changer cet état
de choses. Il n’a pas manqué de saluer à
cet effet, l’initiative de Kofi Annan de créer
un Bureau des Nations Unies, chargé des PMA et
d’y avoir nommer M. Chowdhury, ressortissant averti
d’un pays membre du groupe des PMA, le Bangladesh.
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